« Une épouse doit honorer son mari ! » (2/2)

« Une épouse doit honorer son mari ! » (2/2)

Objection n° 4 : et puis quoi encore ? À bas le patriarcat !

Durant des siècles, les hommes ont humilié les femmes.

C’est en tout cas ce que l’on dit. C’est ce que l’on aime à croire. Et si nous mettions un soupçon de nuance dans tout cela ?

D’abord, tous les hommes n’ont pas humilié les femmes. Beaucoup, c’est vrai. Beaucoup trop, sans doute ! Mais pas tous. Certains ont par exemple considéré les femmes comme une muraille, comme la source intarissable d'un sain réconfort, comme une maison protectrice, comme un être vaillant et dévoué.

Et puis, toutes les femmes n’ont pas été humiliées par les hommes. Beaucoup ont éclairé les yeux de ces mêmes hommes, ou ont écrit l’Histoire, souvent de manière discrète ou anonyme, c’est vrai[footnote]. Ce qui d’ailleurs, n’est pas une mauvaise chose en soi. Nul besoin d’être remarqué, pour être remarquable.

Nul besoin d’être remarqué, pour être remarquable.

Mais revenons au couple. Que deviendrait-il si l’épouse voyait chez son mari une sorte de représentant de toute la gent masculine ? Un condensé de ce que « les hommes » ont fait de pire aux femmes[footnote] ?

Faut-il qu’un couple soit l’occasion de régler des comptes qui ne le concernent pas ?

Un couple, n’est-ce pas une tentative nouvelle à laquelle un homme et une femme consentent, pour conjuguer les différences de meilleure manière que d’autres hommes, d’autres femmes ont pu le faire avant eux ?

Et si l’Histoire s’est trompée, eh bien... au temps pour elle. Rien ne justifie après tout d'endosser le rôle des responsables antérieurs, comme si l'on était poursuivi par une obscure malédiction. Si l'Histoire s'est trompée, il n'y a plus qu'à en écrire une autre, plus juste, plus heureuse. Afin qu'entre les ratures, entre les ratés, prennent place des récits inspirants.

Objection, objection... alors que faire, votre Honneur ?

Je ne fais que me répéter : chaque mari a bien évidemment toutes sortes d'obligations vis-à-vis de sa femme. Ne pas les mentionner ici, n'y change rien.

S'il est en tout cas demandé à une femme d'honorer son mari, c'est que derrière l'attitude, se cache un message à la fois profond et touchant. Un message qu'elle seule est apte à comprendre. Pour prendre une métaphore, on charge un artisan d'une tâche délicate, à condition qu'il ait l'expérience ou la dextérité nécessaires.

Eh bien, en quoi la femme est-il si spéciale ?

La femme porte la vie. Elle la développe, elle la protège, enfin elle la donne. Au cours d'une période de neuf mois, elle accueille un être vivant qui, en son sein, devient. La femme comprend intimement, et pour cause, la notion de fragilité.

Fragile, justement, l'homme l'est à coup sûr. Qu'il le cache derrière l'expression de sa force pourra donner le change, tout au plus. Or, quelle est la fragilité ultime de l'homme ? Il s'agit du manque de reconnaissance.

Un homme ignoré, ou méprisé, est un homme qui se meurt.

La femme, à ce sujet, est autrement mieux lotie que l'homme. Son intériorité naturelle la rend bien moins sensible au manque de reconnaissance. Non qu'elle soit immunisée contre le qu'en-dira-t-on ! Elle est juste mieux « équipée » pour échapper à sa morsure. Alors que l'homme lui, n'y résiste pas bien longtemps.

Un homme ignoré, ou méprisé, est un homme qui se meurt.

Un homme, mesdames, ne vous dira jamais cela. Quand bien même vous seriez son épouse. Après tout, l'homme aussi a sa pudeur.

Quant aux femmes, elles ne devraient jamais leur dire cela. Ce serait une mise à nu cruelle, et ô combien douloureuse. Certains secrets doivent être gardés. Y compris ces « secrets » pourtant parfaitement sus, et qui ne méritent le nom de secret que parce qu'ils restent sciemment tus.

Aussi, que fera la femme, du haut de son intelligence émotionnelle supérieure ?

Elle honorera son mari.

Elle lui fera croire, et peut-être y croira-t-elle aussi du reste, que celui-ci est digne de son attention. Elle le valorisera. Car elle sait bien, elle, que ce faisant, elle ne se rabaisse pas le moins du monde. Au contraire, dans un geste noble, elle couvre la fragilité de son mari, comme on recouvre la nudité du corps, du voile chaste de sa considération.

C'est parce que l'homme souffre de cette fragilité particulière, et que la femme sait que la fragilité doit susciter une forme de vigilance, qu'en honorant son mari, elle l'aide à conserver l'illusion de sa force... pour le bien de toute la famille.

Le fait que cet article soit écrit peu après la fête de Pourim ne peut que nous faire penser à la reine Esther.
La question inverse se pose d’ailleurs aussi, mais elle sort du cadre de l'article.

Super ! Vous vous êtes inscrit(e) avec succès.

Content de vous retrouver ! Vous vous êtes connecté(e) avec succès.

Vous vous êtes abonné(e) avec succès à Derrière le Miroir.

Un lien de connexion vous a été envoyé par email.

Vos informations de facturation ont été mises à jour.

Vos informations de facturation n'ont pas été mises à jour.