L'essence du propos
L’identité n’est pas un trait de caractère figé, mais une conquête permanente pour rester soi-même dans un monde qui nous pousse sans cesse à l'imitation. Être équilibré, c'est oser découvrir ses propres trésors et refuser de les échanger contre des modèles étrangers, car la valeur de chaque acte dépend avant tout de la part personnelle que l'on y investit. À l'image de Reb Eiziq cherchant un trésor à Prague alors qu'il dormait sous son propre fourneau, nous ignorons trop souvent que nos plus grandes richesses reposent en nous-mêmes.

Se construire demande d'abandonner les béquilles sociales et les comparaisons qui nous rapetissent, comme la Lune perdit sa grandeur en voulant se mesurer au Soleil. La véritable posture de vie est celle de la ’amida : apprendre à se tenir debout par ses propres forces, sans appuis extérieurs, pour laisser jaillir son noyau existentiel. Apprendre à dire « non » devient alors un acte de naissance, une manière vitale de protéger son espace intérieur face aux influences parasites. En cessant de vivre par procuration, vous partez enfin à la conquête de votre propre territoire : votre identité profonde.
Détails du chapitre
Sujets abordés
L'identité, un véritable acquis
Forger sa personnalité
Le fléau de la copie
Un regard sur le texte
L’équilibre concerne aussi bien la stabilité d’un objet que l’harmonie de l’esprit. Dans les deux cas, il connote la perpétuité. L’homme équilibré est celui dont le caractère ne varie pas avec le temps – exception faite du processus de techouva, qui nécessite une évolution permanente.
Or cet attribut est typiquement divin : « Moi, D.ieu, Je ne change pas » (Malakhi 3,6). Par ailleurs, Rambam enseigne que D.ieu ne S’inscrit ni dans le temps, ayant un début et une fin, ni dans un nombre d’années. Il ne change pas, car rien ne saurait Le faire changer (Michné Torah, Yessodei haTorah 1,11). À son niveau, l’homme équilibré jouit également d’une résistance au changement.
Aspirer à cela tient en deux enjeux essentiels : découvrir ses trésors personnels et ne pas les échanger contre d’autres, apparemment plus précieux, mais qui ne ressemblent pas à soi. Car être soi-même est le principe clé de l’équilibre.